Hommage à Micky MAILLET

En hommage à Micky Maillet

Marie-Hélène Saint-Dizier

lors de l'Assemblée Générale du 8 mars 2020

 

 

Chers amis, 

Il m’a été demandé de dire quelques mots en hommage à Micky dont, je dois l’avouer, comme pour nous tous, la disparition brutale est un choc cruel. Beaucoup parmi vous seraient en mesure d’évoquer notre amie qui restera une des grandes figures de l’Institut de Musique Sacrée et des camps chantants. 

Il est vrai que nous avons partagé tant et tant de choses, vécu tant de moments privilégiés ensemble depuis presque soixante ans.

Parmi les nombreux commentaires surgis dans la spontanéité à l’annonce sur internet de la disparition de notre chère Micky, sur une page dédiée aux « anciens » (aux nouveaux anciens pourrait-on préciser) de Cordon et des camps chantants, je lis celui-ci qui me paraît dire beaucoup en peu de mots. 

Voici donc ce commentaire : « Singulier ce départ sur la pointe des pieds le jour où le Père Godard aurait eu 100 ans ».

 « Sur la pointe des pieds », nous laissant tous choqués, anéantis, sans voix.

 « Quelle triste nouvelle ! dit une autre. Je n’ai pas de mots. Tant de bons souvenirs qui reviennent ».

 Ou encore cette formule : « Je crois qu’au fond je la croyais immortelle ! ».

 Immortelle sans doute, non, hélas, mais fidèle oui ! tant il est vrai que, dans tous les lieux, dans tous les cercles qui réunissaient les membres de l’Institut de Musique Sacrée de Lyon, anciens des camps, amis du Père Godard, nous savions que nous retrouverions Micky. C’était une certitude ! Nous étions assurés, certains, comment pouvait-il en être autrement, de la voir arriver de son pas tranquille et lent et saluer chacun d’entre nous.

 Car c’était là sa place. C’était là qu’elle se réalisait pleinement. C’était à tout cela et à nous tous qu’elle avait voué sa vie. C’était SA VIE. Une vie de service au cours de laquelle notre amie s’est donnée sans limite. Notre peine aujourd’hui est à la mesure de notre reconnaissance.

 « Notre pilier commun, notre âme » réagit une autre jeune fille de la nouvelle génération.

Depuis soixante ans ou presque, depuis que nous nous connaissons, en dépit des bouleversements qui ont émaillé la vie de l’Institut de Musique Sacrée, depuis la vente du chalet de Cordon, malgré le retour à Dieu de nos pères fondateurs, le père Louis Bouiller en 2006 et le père Marcel Godard en 2007, malgré tous ces événements qui, à des degrés divers, l’ont profondément affectée, elle a été en effet, elle a su être le « pilier commun », celle qui a assuré la continuité, la stabilité, le lien entre tous, en relation constante avec les différents acteurs de cette belle entreprise des camps chantants, lien intergénérationnel entre ceux d’hier et les jeunes d’aujourd’hui. 

 Œuvre discrète, travail de long terme effectué dans la discrétion, « sur la pointe des pieds ». Elle a su former, avec la collaboration complice de Vincent Coiffet appelé par le père Bouiller à la direction musicale dans les années 2000 et qui s’exprimera mercredi lors des funérailles, une nouvelle génération qui « s’éclate », pour parler leur langage, avec la formation « Vox Amoris », un groupe de jeunes issu tout droit des camps sous la baguette de Charlotte Rabier-Legrand elle aussi élève de Micky, devenue professionnelle du chant et de la direction de chœur. Une performance éducative qu’il faut saluer auprès d’une génération que rien dans notre société ne prédispose à ce type d’activités « Chanter la gloire de Dieu ».

 Comment imaginer, sans en être glacé, le prochain concert des camps chantants sans entendre Micky dans son mot adressé à l’assistance, nous parler du « miracle des camps » ? Un miracle tant de fois réalisé et auquel elle a largement contribué. Comme imaginer le camp de cet été en juillet sans elle ?

 Comment donc imaginer notre association dont elle assurait la vice-présidence, sans sa contribution au travail de fourmi qu’elle a effectué avec Misou pour rassembler l’ensemble de l’œuvre du Père Godard qu’elle a tant fait chanter ? Comment imaginer nos réunions de bureau (à 5) où elle arrivait le matin les bras chargés de viennoiseries pour agrémenter le café offert par Misou ?

 Je pense aussi aux membres du groupe Amichorum qui se réunit chaque lundi sous sa houlette et qui pleure aujourd’hui. Il devait assurer une participation au « Printemps des chœurs » le 17 mars à Fourvière, un groupe dont elle aura assumé la direction à la suite du Père Bouiller jusqu’au bout de ses forces.

 Comment enfin imaginer toutes nos rencontres amicales, chantantes ou non, sans celle qui souvent en prenait l’initiative comme celle programmée tout récemment pour le 4 avril pour les anciens, très anciens de Cordon. Une amitié vieille de 60 ans. Tant de souvenirs se bousculent et nous assaillent. 

 Immortelle, donc ? Non. Sa place est vide désormais. Mais n’a-t-elle jamais été aussi présente. Sa présence n’a-t-elle jamais été aussi puissante et forte ? Singulier, ce départ ? Oui. Le jour où nous célébrons le centenaire de Marcel Godard, où celui qui nous réunit aujourd’hui et auquel elle vouait une immense admiration et une profonde affection, aurait eu 100 ans.

Hasard, coïncidence ? ou plutôt signe du Ciel qui nous invite, comme elle l’a fait, malgré notre chagrin, à nous renouveler, à convoquer de nouveaux acteurs, à travailler sans relâche à faire vivre la musique de Marcel Godard par notre action au sein de notre association et à la faire découvrir aux générations futures.

 Elle est désormais dans la paix de Dieu auprès de ceux qu’elle a aimés, sa famille, ses amis, nos pères Bouiller et Godard ainsi que tous ceux et toutes celles avec qui elle a travaillé notamment au sein de l’Institut. Et nous avons une autre certitude, celle de chanter avec elle notre foi dans le Christ Ressuscité : 

« Je crois que mon Sauveur est vivant et qu’au dernier jour je surgirai de la terre…Le jour viendra où, dans ma propre chair, je verrai Dieu, mon Rédempteur »

Lyon, le 8 mars 2020

 

                

 

Hommage à Micky MAILLET

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